jeudi 14 juin 2018

Poids lourds roumains : une concurrence déloyale méconnue

« Il y a eu un gros travail de concertation, le président a vu 23 de ses homologues sur 28, la France a beaucoup plus parlé à l’Est ces six derniers mois que durant ces dix dernières années. Et des pays comme la Bulgarie et la Roumanie veulent clairement s’engager dans l’Europe qui avance », claironnait-on à l’Élysée, en octobre dernier, après la négociation d’un accord extrêmement limité, sinon vide, sur le travail détaché au sein de l’Union européenne.


En fait d’un « accord ambitieux », un accord réduit au minimum, et la nouvelle directive ne s’appliquera qu’après une période de transition de quatre ans à compter de la conclusion d’un accord définitif, mais les chauffeurs routiers ne sont pas visés par la révision, pour satisfaire les pays disposant de grandes flottes, tels que l’Espagne, le Portugal et surtout la Roumanie. Résumons : rien sur la Sécurité sociale, rien sur le transport routier et une application hypothétique à l’horizon 2022 !


Et les problèmes ne font que commencer. Le syndicat national des transporteurs routiers roumains a, ainsi, adressé une missive aux institutions européennes critiquant les contrôles effectués en France concernant la vérification du temps de repos – il est interdit de prendre le temps de repos hebdomadaire en camion. Le syndicat regrette le fait que ces contrôles soient effectués a posteriori, jugeant que l’amende ne pourrait être valide qu’en cas de constatation des faits lors de leur commission. Avec une part de marché de 8 % dans le transport routier, la Roumanie enregistre une progression de 70 %, prenant la deuxième place du secteur juste derrière la Pologne, et devant la Bulgarie, l’Espagne et le Portugal.


Le cabotage est aujourd’hui un marché dominé par quelques pavillons spécialisés qui l’intègrent dans leur organisation de transport lors de grandes tournées européennes. La France fait partie des pays les plus affectés par cette évolution. « Le cabotage des pavillons étrangers sur le territoire français atteint près de 10.000 millions de tonnes-kilomètres. La France est, ainsi, quarante fois plus cabotée qu’elle ne cabote. À l’opposé, la Pologne cabote 73 fois plus qu’elle n’est cabotée », selon le Comité national routier (CNR). La concentration des pavillons de l’Est sur les marchés internationaux se déroule sur fond de bataille des prix. Soutenus par leurs pouvoirs publics à l’image de la Pologne, « ces pavillons veulent dominer le marché pour imposer leurs règles non seulement dans le secteur du transport routier de marchandises, mais aussi dans le commerce international entre États membres », toujours pour le CNR.


Bruxelles a libéralisé le cabotage en 2009, poussant à la concurrence déloyale entre États membres de l’Union, permettant entre autres à un transporteur européen d’effectuer plusieurs livraisons dans un autre État membre au cours du même trajet, dans un délai de sept jours. Tous les transporteurs peuvent ainsi effectuer jusqu’à trois opérations de « cabotage » sur une période de sept jours dès le jour suivant le déchargement du transport international. Au départ, l’Union voulait limiter le nombre de transporteurs routiers roulant à vide, faire baisser les prix du transport et réduire le trafic ainsi que la pollution. Comme chaque idée irénique pensée par l’Union, l’échec est patent. Tout cela a eu des conséquences sociales et salariales graves pour un secteur employant de nombreux Français, fragilisés par des géants roumains, polonais ou bulgares qui ne respectent aucune règle et qui n’entendent pas le faire, comme le montre la lettre du syndicat national des transporteurs routiers roumains.


Dominique Bilde
http://www.bvoltaire.fr/poids-lourds-roumains-concurrence-deloyale-meconnue/

vendredi 8 juin 2018

Huile de palme : quand Nicolas Hulot spolie les agriculteurs français !

Le « make the planet great again » n’aura décidément pas fait long feu ! Le mercredi 16 mai, Nicolas Hulot donnait son feu vert à la production de biocarburants à base d’huile de palme et d’huiles usagées par Total sur son site de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône.

Au total, c’est au moins 300 000 tonnes d’huile de palme qui pourraient être importées d’Indonésie et de Malaisie -deux États à l’origine de plus de 80 % de la production mondiale- soit une augmentation de 36 %. Un revirement à cent quatre-vingts degrés, qui inflige un démenti cinglant aux engagements pris par le Ministre de la Transition écologique et solidaire dans son « Plan climat», publié en juillet 2017.

Il bafoue, au reste, jusqu’au Parlement européen qui avait décidé en janvier 2017 de bannir définitivement ces importations, responsables de la perte de 270 000 hectares de forêt par an en moyenne au sein des principaux pays exportateurs de 2000 à 2011 et source de tant d’abus des droits humains et sociaux, maintes fois dénoncés par l’Organisation internationale du travail.  Une décision qui, fait rare de la part de l’Union européenne, abondait aussi bien dans le sens de la protection de l’environnement que de celle de nos intérêts nationaux français.

Dans la principale région productrice, six millions d’hectares ont ainsi été anéantis entre 2011 et 2013 sur l’autel de l’or rouge, dont la production mondiale a presque doublé en dix ans. Aux émissions de gaz à effets de serre, auxquelles la déforestation contribue pour 10 %, s’ajoute la menace pesant sur la biodiversité. Ainsi, les images déchirantes de ce singe errant affamé dans les décombres d’une forêt ou de cette femelle et de son petit sauvés in extremis des flammes par des bénévoles, publiées par l’Association internationale pour le sauvetage des animaux en 2015 et 2016, sont autant de témoignages poignants du sort tragique des quelque 60 000 orangs-outans, vraisemblablement voués à l’extinction.

En France, ce sont les producteurs d’oléagineux, déjà balayés par le dumping des bioéthanols argentins, qui seront sacrifiés au profit d’une huile importée, de 20 à 25 % moins chère que l’huile de colza pour l’utilisation dans la production de biocarburants. En 2010, environ 70 000 exploitations dépendaient directement de cette culture, dans laquelle la France pointe au premier rang européen. 8 % proviennent de ma région natale de Lorraine, où la décision de l’ancien animateur d’Ushuaia a d’autant plus fait l’effet d’une douche froide que des centaines d’emplois sont concernés dans le Grand Est. De fait, l’usine de Saipol dans l’Aube tourne au ralenti depuis juin, avec à terme le devenir d’environ 600 salariés sur la sellette. 

En janvier 2017, je m’étais, ainsi que l’ensemble de la délégation du Front National, associée à l’élimination des importations d’huile de palme votée par le Parlement européen. Alors que l’épée de Damoclès des traités de libre-échange plane toujours au-dessus de nos producteurs céréaliers et d’oléo-protéagineux, ce reniement de Nicolas Hulot est un véritable camouflet pour l’ensemble de la filière, au-delà du scandale environnemental, social et éthique. Mais, à l’évidence, le devenir de nos producteurs pèse peu face aux pressions diverses d’intérêts privés et à l’unique boussole du profit immédiat.
Dominique Bilde

mardi 22 mai 2018

Bruxelles enterre la langue de Molière

Alors même qu’à l’issue du Brexit, seul 1 % de la population de l’Union européenne sera de langue maternelle anglaise, c’est bien cette dernière que Bruxelles pourrait imposer comme quasi-langue officielle unique. Dans l’Europe post-Brexit, la France serait-elle en passe de passer de poule aux œufs d’or à dindon de la farce ? C’est, en tout cas, ce que l’on pourrait croire à la lecture d’un article sidérant de Politico en date du 7 mai 2018.

Contributrice nette au budget européen à hauteur d’environ neuf milliards d’euros, la France ne bénéficie pas, pour autant, des nombreuses ristournes diverses et variées obtenues au fil des années par certains États membres. Un état de fait que l’on pourrait mettre sur le compte du manque de zèle de nos dirigeants successifs à défendre nos intérêts nationaux : au reste, Emmanuel Macron n’est pas près de changer la donne. Le chef de l’État s’est, en effet, déclaré prêt à augmenter les paiements de la France pour compenser les dix milliards d’euros de manque à gagner occasionnés par le départ du Royaume-Uni – et ce, en dépit de la baisse programmée de la PAC et de la politique de cohésion.

À l’humiliation budgétaire pourrait désormais s’ajouter l’humiliation symbolique. Alors même qu’à l’issue du Brexit, seul 1 % de la population de l’Union européenne sera de langue maternelle anglaise, c’est bien cette dernière que Bruxelles pourrait imposer comme quasi-langue officielle unique. Le français, en perte de vitesse depuis l’élargissement à l’Europe de l’Est, perdrait ainsi son dernier bâton de maréchal, à savoir son statut de « langue de travail », au même titre que l’allemand et l’anglais. Cette demande, au reste absurde au regard de la situation géographique des principales institutions européennes, distribuées au sein de trois États francophones (la Belgique, la France et le Luxembourg), et du fait que 80 % des permanents de la Commission parlent le français, émane de certains représentants de pays de l’Est comme la République tchèque ou la Pologne, mais aussi d’une figure de poids : l’ancien Premier ministre italien Mario Monti.

Ce dernier camouflet, qui vient s’ajouter au chapelet de couleuvres qu’a dû avaler la France ces dernières années, n’était malheureusement que trop prévisible. Marginalisé, le français est sous-utilisé au sein du Parlement, où le simple fait de requérir une interprétation suffit à vous faire passer pour une marquise – l’interprétation étant, d’ailleurs, purement et simplement écartée pour certaines missions à l’étranger. Au-delà de l’anecdote, il s’agit d’une inégalité de traitement scandaleuse, les députés non anglophones se trouvant de facto exclus de certaines réunions stratégiques, cruciales pour l’avenir de leurs États respectifs. Dernier bastion symbolique : la Cour de justice de l’Union européenne envisagerait, dans un même objectif d’efficacité, de substituer l’anglais au français dans ses délibérations.


Le combat serait-il « perdu », comme l’affirme le député européen du PPE Alain Lamassoure ? De même qu’on aurait tout essayé contre le chômage, selon le mot fameux de François Mitterrand, ou contre le terrorisme, si l’on en croit le plus novice Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, faudra-t-il, demain, nous incliner devant la suprématie du globish, ersatz de la langue de Shakespeare et incarnation d’une époque confite dans le matérialisme et la médiocrité ? L’attitude d’un Jacques Chirac en 2006 ou, plus récemment, du représentant permanent auprès de l’Union européenne Philippe Léglise-Costa nous démontre qu’il est urgent et possible de convertir enfin notre contribution financière en dividendes politiques et que, face au mépris écrasant dans lequel la France et sa culture sont tenues, la seule réponse possible est celle de la chaise vide.

Dominique Bilde

http://www.bvoltaire.fr/bruxelles-enterre-langue-de-moliere-lultime-humiliation/

dimanche 13 mai 2018

Fête de Jeanne d'Arc !

Les élus et les militants du FN54 étaient bien présents pour fêter la sainte pucelle lorraine, Jeanne d'Arc. Pour que vive le souvenir de celle qui a sauvé la France de l'envahisseur anglais.

jeudi 10 mai 2018

DONALD TRUMP 1, XI JINPING 0 : LES ÉTATS-UNIS EN PASSE DE GAGNER LEUR GUERRE COMMERCIALE ?

« I always win », disait Donald Trump lors de la campagne électorale qui lui a permis de devenir le président des États-Unis. Celui qu’on croyait fou ne serait-il pas un négociateur génial, rodé par des décennies dans l’immobilier new-yorkais ? Dans un tweet, The Donald a déclaré : « La Chine va retirer ses barrières douanières parce que c’est ce qu’il faut faire. Les taxes vont devenir réciproques et un accord sera trouvé sur la propriété intellectuelle. » Après avoir fait monter les enchères, la Maison-Blanche descend donc d’un ton, réaffirmant son amitié à l’endroit du président chinois Xi Jinping.

On nous prédisait une guerre commerciale, elle n’aura peut-être finalement pas lieu ; du moins, pas dans les proportions que pouvaient imaginer les Cassandre. Pour être plus précis, le monde est plongé dans une guerre commerciale généralisée depuis déjà des décennies, comme l’a expliqué Emmanuel Todd au Figaro : « Notre libre-échange, avec la tension structurelle sur la demande, c’est déjà de la guerre commerciale. Donald Trump ne fait qu’inverser les règles du jeu à l’intérieur de cette situation de guerre. Il faut arrêter de faire comme si tout cela n’était pas sérieux seulement parce qu’il s’agit de Donald Trump et que la couleur de ses cheveux ne nous plaît pas ou qu’il n’est pas populaire auprès des acteurs milliardaires d’Hollywood… »

Le déficit commercial américain avec la Chine est colossal, de l’ordre de 375,2 milliards de dollars en 2017. Pour Donald Trump, les pratiques commerciales et monétaires prédatrices et déloyales chinoises, comme la sous-évaluation de sa monnaie, maintes fois dénoncée pendant la campagne, avant que le président américain ne nuance ses propos, en seraient l’une des causes principales.

Premiers promoteurs du libre-échangisme économique à sens unique sur la scène internationale, les États-Unis n’ont jamais rechigné au protectionnisme, par pur pragmatisme – un penchant qui, avec Trump, pourrait bien devenir une habitude. Ce même pragmatisme que nous refusons sous nos latitudes, engoncés que nous sommes dans l’« idéologie sans-frontiériste » de l’Union européenne, qui nous condamne à croire que l’ouverture inconsidérée de nos économies, la suppression de toutes les barrières, y compris celles qui ne font que filtrer, nous garantiraient une sorte de prospérité éternelle, sinon de paix structurée autour de l’harmonie concurrentielle.

Aux États-Unis comme en France, les vingt dernières années ont vu les classes moyennes et populaires se paupériser, l’ascenseur social se bloquer, et des pans entiers des territoires se désindustrialiser et se désertifier – comme l’illustre de façon spectaculaire la hausse de la mortalité des Américains blancs défavorisés (le « white trash », comme s’autorisent encore parfois à dire les bien-pensants d’outre-Atlantique, chez qui l’adulation d’un multiculturalisme à la Terra Nova le dispute au classisme et au racisme anti-blanc), selon une étude d’Angus Deaton, prix Nobel d’économie.


Les périphéries exclues des centres profitant de la mondialisation perdent sur toute la ligne, mais elles font aussi des dégâts collatéraux. En subventionnant leurs exportations pour gagner des parts de marché aux États-Unis, les Chinois ont provoqué des dizaines de milliers de pertes d’emploi dans l’Amérique de la « Rust Belt » qui a plébiscité Donald Trump, où se trouve notamment l’industrie de la sidérurgie. Le libre-échange ne profite pas aux pays qui sont acquis à la doxa, mais à ceux qui trichent. La Chine réussit dans la mondialisation parce qu’elle se protège avec l’outil monétaire et des normes. Idem pour l’Inde de Narendra Modi, qui a augmenté ses droits de douane sur des dizaines de produits de consommation en début d’année, sans que pourtant personne ne s’en émeuve. On le voit avec Donald Trump, du reste, la menace fonctionne. La Chine sait que les États-Unis veulent négocier. Au fond, il n’y a qu’en Europe qu’on se laisse manger la soupe sur la tête. Et si, nous aussi, nous comprenions enfin les règles non écrites de la mondialisation économique ?

Dominique Bilde
http://www.bvoltaire.fr/donald-trump-1-xi-jinping-0-etats-unis-passe-de-gagner-guerre-commerciale/

mercredi 9 mai 2018

Cérémonies du 8 mai

J'ai participé aux cérémonies de commémoration du 8 mai 1945, jour de la capitulation de l'Allemagne et date de la fin de la Seconde Guerre mondiale sur le sol européen. Au côté des alliés britanniques, américains et russes, la France a gagné cette guerre, rompant ainsi avec un cycle entamé en 1914, longue guerre civile européenne qui nous a tant coûté et dont nous continuons encore à subir les funestes conséquences. Chaque année, le 8 mai est férié, afin que nous nous souvenions des horreurs de la guerre.

Dominique Bilde
Députée française au Parlement européen
Conseillère régionale Grand Est