dimanche 18 février 2018

En avant pour un Nouveau Front ! Marine dans le bas-Rhin

Marine Le Pen sera présente dans le bas-Rhin le 24 février à midi. Rendez-vous au Parc des Cigognes, Route de Sélestat - 67600 Kintzheim. Notre Présidente vous entretiendra de l'avenir de notre formation politique, lors de cet ultime date de la tournée de refondation. Venez très nombreux !


mercredi 14 février 2018

INFRASTRUCTURES : LE DÉCLIN FRANÇAIS


Il n’est qu’à regarder la carte des « grands projets » nationaux pour mesurer l’ampleur du déclin français.Le projet avorté de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes en est l’exemple le plus connu. Il faut savoir que le projet avait été initié en 1963, c’est-à-dire il y a plus de cinquante ans ! De nombreux grands travaux d’infrastructures sont présentement en train de péricliter, ou d’entraîner des surcoûts absolument démesurés. Prenons l’EPR de Flamanville, qui devrait ouvrir à la fin de cette année. Le coût de sa construction a triplé, passant d’une facture de trois milliards d’euros à une addition finale de près de 10,6 milliards d’euros. Colossal. Un schéma qui se multiplie, s’appliquant à tous les domaines : réseau SNCF, couverture 4G, autoroutes, etc.

Pis : l’existant n’est plus entretenu, faute de moyens. Tout coûte de plus en plus cher, et nos infrastructures sont vieillissantes. On le constate encore avec les intempéries du mois de février 2017, qui ont quasiment paralysé le transport ferroviaire, ou bien encore les pannes qu’a connues la gare Montparnasse. De la même manière, les routes secondaires sont abandonnées, ressemblant de plus en plus à ce que l’on peut trouver en Espagne ou au Portugal.

Quelle est la réponse de l’État à ces problèmes ? Abaisser la vitesse à 80 km/h, c’est visiblement moins difficile que de réparer les nids-de-poule. Une pente démoralisante contre laquelle l’État ne semble plus en capacité de lutter. Il y a des raisons à cela : les normes sont devenues drastiques (environnement, sécurité, etc.), les grands travaux ne font plus consensus dans la population et leurs coûts sont beaucoup plus élevés. Reste, pourtant, que les Français sont encore plus dépendants des infrastructures routières, ferroviaires, télécoms et énergétiques que jamais auparavant.

Combien d’entre nous doivent, dans le cadre de leur travail ou de leur vie familiale, emprunter l’autoroute ou utiliser le TGV ? Quels Français pourraient, aujourd’hui, se passer du réseau 4G ? La priorité serait donc de remettre de l’ordre dans ces projets, de déterminer lesquels sont obligatoires. Pourquoi entamer l’installation du 5G quand à peine 60 % du territoire sont aujourd’hui partiellement couverts par la 4G ? C’est un raisonnement du même ordre qui a conduit l’État à abandonner l’organisation de l’Exposition universelle à Paris, après l’obtention des Jeux olympiques d’été 2024 par la capitale.

Autre constat malheureux : les zones urbaines, rurbaines et périphériques du territoire national sont oubliées des politiques de développement public. Tant les LGV du Grand Sud-Ouest (ligne Bordeaux-Toulouse, ligne Montpellier-Perpignan) que les lignes à grande vitesse auvergnates (ligne Paris-Orléans-Clermont-Lyon) ou bien encore l’A31 bis entre Toul et le Luxembourg sont des projets abandonnés, retardés ou générant des dépenses supplémentaires très importantes. Notons, aussi, le report du prolongement de la LGV Rhin-Rhône à l’horizon… 2038 !


Où est la France du Concorde, de la fusée Ariane et du TGV ? Où est la France qui construisait, dès 1900, le métro parisien ? Où est la France qui bénéficiait d’un des meilleurs réseaux de voies rapides au monde ? Dans l’Est, les usines ferment. Papeterie, sidérurgie : tous les secteurs sont frappés par la concurrence internationale déloyale de la Chine ou de l’Inde, mais aussi par la féroce concurrence intra-européenne allemande ou le dumping social est-européen. Conséquence : les villes de taille moyenne, les fameuses « sous-préfectures » qui ont été le cœur de la France, se désertifient, perdent des commerces. C’est un cercle vicieux, car de bonnes infrastructures permettent d’habiter dans ces petites villes. Et, réciproquement, des infrastructures deviennent rentables quand elles sont utilisées. De nos jours, les métropoles captent toute l’activité et attirent donc l’immense majorité des fonds et des grands travaux. En sortant de la spirale infernale dans laquelle nos dirigeants nous ont enfermés, conduisant aux délocalisations et à la désertification de pans entiers du territoire national, nous pourrons rendre à la France sa grandeur.




http://www.bvoltaire.fr/infrastructures-declin-francais/

COTISATIONS SOCIALES, TRAVAILLEURS DÉTACHÉS : SILENCE, ON FRAUDE !

La question de la fraude sociale restera sans doute associée à l’image d’un Emmanuel Macron se haussant du col face à Marine Le Pen lors du débat présidentiel. Si sa pirouette empruntait l’artifice bien connu du raisonnement par l’absurde – ni Marine Le Pen ni quiconque n’ayant jamais prétendu que la fraude sociale « s’arrêterait du jour au lendemain » -, elle lui permettait d’éviter opportunément toute discussion de fond, qui aurait inévitablement tourné à son désavantage, à en juger par le rapport accablant de la Cour des comptes du mercredi 7 février.

Car en dépit des effets d’annonce, la détérioration des activités de contrôle ne fait que s’accentuer. Certaines défaillances sont, d’ailleurs, attribuables à la nouvelle équipe gouvernementale, comme le non-paiement en septembre 2017 d’une partie des cotisations sociales relatives aux 48.000 collaborateurs occasionnels de l’État, pourtant obligatoires depuis 1999 – avec à la clef quelques 500 millions d’euros de pénalités.

L’inventaire à la Prévert ne s’arrête pas là : que ce soit le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (46 milliards d’euros de 2013 à 2015) ou certaines cotisations aux régimes complémentaires, des dizaines de milliards d’euros « échappent à tout contrôle », selon les Sages de la rue Cambon.

La palme revient au détachement de travailleurs, alors que 2017 a marqué un nouveau record avec 516.000 déclarations de détachement, en hausse de 46 % par rapport à 2016. Situation que je connais bien, puisque le Grand Est, dont je suis native et élue, caracole à nouveau en tête de ce triste palmarès avec 91.063 travailleurs détachés en 2017, les départements de la Moselle, du Haut et du Bas-Rhin présentant les concentrations les plus hautes rapportées à leurs secteurs privés marchands respectifs.

Encore ce chiffre pourrait-il être multiplié par près de deux par la fraude, puisque, avant la prétendue réforme « arrachée » à Bruxelles par Emmanuel Macron, il était estimé que pour quelques 286.000 travailleurs détachés réguliers, on comptait entre 200.000 et 300.000 illégaux. Qu’importe : les Urssaf y consacrent une part toujours plus négligeable de leurs activités de contrôle (16 %). Quant au nombre moyen d’interventions de l’Inspection du travail sur la question, il est tombé à 965 en 2017 contre 1.330 en 2016. Des données qui infligent un démenti cinglant au ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui vantait lundi 12 février sur RMC l’effet dissuasif des sanctions, ainsi que le nouvel arsenal de mesures concocté par le gouvernement, dont la pièce maîtresse consisterait en la publication des condamnations pour travail illégal.

À qui la faute ? Effectifs insuffisants, procédures obsolètes… la litanie des causes égrainée par la Cour et le gouvernement ne saurait occulter l’absence de volonté politique. Comment expliquer autrement l’affectation de seulement 170 agents à la lutte contre le travail illégal dans les Urssaf, sur un total de 13.000 salariés ? Encore 14 nouvelles recrues sont-elles venues grossir les rangs de cette bien frêle équipe depuis 2014…

N’en déplaise à Emmanuel Macron, si la fraude sociale ne disparaîtra pas « du jour au lendemain », son éradication exigera davantage de simples effets de manche. À l’heure où le manque à gagner atteindrait 24,9 milliards d’euros par an et où l’essor de l’économie collaborative menace de lui conférer des proportions encore plus colossales, le gouvernement ne peut plus continuer de danser sur le volcan au motif que rien n’est jamais trop cher quand « c’est l’État qui paye » !

http://www.bvoltaire.fr/cotisations-sociales-travailleurs-detaches-silence-on-fraude/

vendredi 9 février 2018

Élargissement aux Balkans : quand Bruxelles persiste dans l’erreur

Le chiffre n’a pas été beaucoup commenté, mais la France comptait un peu plus de 516 000 salariés détachés sur son territoire en 2017, soit une hausse de 46 % par rapport à 2016 !

Les rodomontades macroniennes sur la question, comme sur d’autres, n’ont pour l’instant aucun effet, et n’en auront pas plus demain avec la réforme ultra-cosmétique que la France a négociée, si d’aventure elle était votée au Parlement européen. Ce qui a changé la donne en matière de travail détaché, vous le savez, c’est l’élargissement de l’Europe à l’Est, donc à des économies très différentes, aux normes sociales beaucoup plus légères que les nôtres, aux salaires moyens beaucoup plus faibles et à la fiscalité beaucoup plus clémente. On ne peut pas créer un ensemble, de quelque nature qu’il soit, économique, politique ou militaire, avec de telles disparités.

Dans ce contexte, forts des expériences récentes, il paraitrait logique que les technocrates de l’Union européenne abandonnent purement et simplement les projets visant à faire des États des Balkans des États-membres de l’Union. Enfin, cela serait logique si nous étions gouvernés par la raison. En réalité, Jean-Claude Juncker est même pressé ! Il veut tracer un « horizon ambitieux » exigeant une « forte volonté politique », afin que la Serbie et le Monténégro soient en mesure de rejoindre l’Union dès 2025, préalable à l’arrivée d’autres pays tels que l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, ou le Kosovo, micro État failli survivant de l’aide internationale.

« Cheffe » (comme on dit aujourd’hui dans les cercles « progressistes) de la diplomatie de l’Union, Federica Mogherini veut que les prochains mois soient « déterminants pour que cette occasion historique et unique soit saisie ». Tout un programme ! Un programme que je ne soutiens bien évidemment pas. D’abord parce que je siège dans la commission Bosnie-Herzégovine, connaissant de près les réalités économiques et culturelles des Balkans, divisés et travaillés par une forte influence islamique, souvent corrompus et constituant des plateformes continentales des trafics humains, de drogue et d’armes. Enfin, parce que l’Histoire ne tire pas dans le même sens et que de nombreux habitants des Balkans, notamment en Serbie, ne souhaitent pas rejoindre cet homme malade qu’est désormais l’Union européenne. Ainsi, en 2016, 51 % des Serbes âgés de 18 à 29 ans se déclaraient hostiles à l’adhésion. Il faut dire que pour les Balkans, l’avenir s’écrit désormais à Moscou, à Dubai et à Pékin, comme en témoigne le rôle clef de la Serbie dans le projet hégémonique chinois de « nouvelle route de la soie » par la restauration de la voie de chemin de fer reliant Belgrade à Budapest sur 370 kilomètres.


À l’évidence, l’Union européenne n’incarne plus un horizon indépassable, et le réveil des passions nationales, particulièrement vif dans cette région du monde, place son projet désincarné à contre-courant du sens de l’Histoire.

Dominique Bilde