lundi 23 novembre 2015

Communiqué de Dominique Bilde : Adhésion refusée du Kosovo à l’UNESCO : quand le bon sens s’invite sur la scène internationale

Tant pis si cela choque ceux qui, hier, brandissaient le principe de l’intégrité territoriale vis à vis de l’Ukraine mais n’ont pas hésité, il y a près de 10 ans maintenant, à brader morceau par morceau la Serbie. Ce lundi, les représentants des États-Membres à l’UNESCO (L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) ont fait preuve d’une étonnante sagesse en refusant au Kosovo le statut d’État membre permanent de cette institution.

Réunies en conférence générale à Paris, les nations membres présentes ont en effet dû soudainement se souvenir du principe de réalité qui veut que le Kosovo n’est un État indépendant ni par son histoire, ni par sa culture et encore moins par sa reconnaissance sur la scène internationale.

Rappelons en effet que le Kosovo n’est toujours pas admis en tant qu’État souverain par l’ensemble des membres de l’ONU, étant notamment contesté par certains membres du Conseil de Sécurité mais également par cinq États-Membres de l’Union européenne (Espagne, Chypre, Grèce, Roumanie, Slovaquie).

Il semble donc raisonnable que sur 142 votants, 50 aient souhaité voter contre l’adhésion du Kosovo à l’UNESCO et 29 aient préféré s’abstenir.

Mais ce n’est pas seulement cette absence de reconnaissance juridique incontestée et incontestable qui aujourd’hui a fait défaut au Kosovo pour entrer dans ce cénacle de la culture internationale. Les membres permanents ont dû – pour une fois – avoir la mémoire longue et se souvenir de la véritable épuration ethnique menée contre les Serbes du Kosovo entre 1999 et 2004 – 235 000 chassés de chez eux en moins de dix ans – ; ils ont du se souvenir qu’une entité capable de détruire plus de 150 églises et monastères durant cette même période n’avait peut-être pas sa place dans une institution dont le but et la valeur première est la protection du patrimoine et de la diversité culturelle.

Il ne nous reste plus qu’à souhaiter qu’à l’avenir, les autres pans des relations internationales se fondent eux aussi sur la même sagesse.

Dominique Bilde


 

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