mardi 4 octobre 2016

Communiqué : L’AS Nancy Lorraine vendue à des investisseurs chinois ?


Tous les Lorrains se souviennent avec émotion des grandes heures de l’ASNL, quand Michel Platini y sévissait, inscrivant 98 buts pour 183 matchs de championnat avant de nous quitter pour poursuivre son épopée à Saint-Étienne. Nous étions alors au sommet du football français, une époque consacrée par la victoire en Coupe de France 1978 d’un but de notre vedette. L’enfant de Jœuf (Meurthe-et-Moselle) ne fut pas le seul à s’illustrer sous la tunique blanche et rouge. Tony Cascarino, Olivier Rouyer, Sébastien Puygrenier ou Carlos Curbelo ont, par exemple, laissé de bons souvenirs aux Nancéens.

Club historique de l’élite du football français, l’ASNL est remonté en Ligue 1 cette année. Les Lorrains se délectent à l’avance du fameux derby qui oppose Nancy à son voisin messin. Attachée au club, je suis préoccupée par les rumeurs de rachat évoquées dans L’Est républicain ces derniers jours.
Il se dit que Jacques Rousselot pourrait officialiser la cession de l’ASNL à des investisseurs chinois venus de Shanghai pour 20 millions d’euros, soit la moitié de la somme versée par l’Américain Franck McCourt pour racheter l’Olympique de Marseille. Un phénomène national puisque deux autres clubs populaires ont déjà été vendus à des Chinois : l’AJ Auxerre et le FC Sochaux-Montbéliard.

L’entreprise chinoise qui aurait été choisie par Jacques Rousselot n’aurait pas présenté la meilleure offre mais le président croit avoir trouvé la perle rare… Sur le papier, le projet de l’entreprise chinoise implantée à Londres et Dubaï peut faire rêver : médias, e-commerce, immobilier, investissements accrus. Déjà, les supporters s’impatientent, imaginant de grands joueurs étrangers débarquer au stade Marcel-Picot l’an prochain…

Ont-ils oublié que les rachats peuvent très mal se passer ? Les Chinois n’investissent pas par passion du football ou de l’ASNL, qu’ils connaissent à peine. De la même manière que la plupart des acheteurs extra-européens dans le football, ils le font pour deux raisons : développer leur réseau en Europe, étendre leur parc immobilier et utiliser le football comme vecteur de diplomatie douce. Il n’est pas normal que nos clubs de football, à l’identique de nos vignobles et de nos châteaux, ne soient plus la propriété de fortunes françaises.

Qui peut dire que les investisseurs chinois resteront fidèles si, d’aventure, le club se trouve dans le dur ? Si l’entreprise de Shanghai restructure ses actifs, ne pourrait-elle pas abandonner l’ASNL en rase campagne ? En outre, le club poursuivra-t-il sa politique formatrice sous pavillon chinois ? Ces investisseurs étrangers n’apportent pas des garanties suffisantes.

Tout comme la politique, le football est avant tout une aventure humaine qui implique des hommes autour d’un projet fédérateur. Comme son nom l’indique, l’ADN de l’ASNL est lorrain. Attention à ce que cette vente ne signifie pas la perte de notre âme…

Dominique Bilde
Secrétaire Départemental du FN54

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