lundi 10 octobre 2016

L’Union européenne voudrait-elle s’élargir au Maghreb ?

« L’Algérie, qu’en sera-t-il dans l’avenir, de son développement, de sa situation ? C’est un sujet qui, me semble-t-il, doit être traité dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée (UPM) », disait Nicolas Sarkozy l’an passé à Tunis. Puis, pris par son élan, il approfondissait son analyse : « Il y a un lien entre la situation de la Méditerranée du Nord et celle de la Méditerranée du Sud. C’est l’alliance des pays du Nord et du Sud qui permettront (sic) de récréer les conditions du développement. »
L’Union dite « méditerranéenne » est une idée à laquelle Nicolas Sarkozy croit depuis 2008. Lancée avec faste le 13 juillet 2008 au début de la présidence française de l’Union européenne, le projet échoua lamentablement face à la réalité de l’échec des négociations du processus de paix au Proche-Orient. Cela ne décourage pas l’ancien Président, qui essaye ponctuellement de ressusciter son idée…
Si la collaboration intelligente avec les pays du Sud tient de l’impératif vital, tout projet d’union formelle entre les deux rives de la mer commune sera voué à l’échec dès sa conception. Pourtant, l’Union européenne persiste dans le dos des peuples européens à vouloir s’élargir vers le sud de la méditerranée, en dépit des difficultés que l’élargissement de l’Union à 27 États membres a pu susciter.
Nicolas Sarkozy l’ignore peut-être, mais le règlement n°232/2014 du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne institue déjà un « instrument européen de voisinage » tout à fait comparable à son « Union pour la Méditerranée ».
L’objectif de ce « machin » est de créer un « espace de prospérité entre l’Union et les pays partenaires » en encourageant, notamment, « la mobilité et les contacts interpersonnels ». Ici, comme avec chaque document écrit en jargon techno-administratif, tous les mots ont un sens. Traduit de la novlangue,« la mobilité et les contacts interpersonnels » signifient, en réalité, que l’Union européenne compte laisser venir à elle toujours plus d’immigrés légaux et illégaux.
En outre, le règlement planifie l’intégration progressive des pays partenaires dans le marché intérieur de l’Union. Parmi les pays partenaires, citons par exemple l’Algérie, la Libye ou la Tunisie… Non contents de les intégrer, l’Union européenne leur accorde de gras subsides financés par les contribuables européens : 51,419 milliards d’euros pour la période 2014-2020 !
Le rêve de Nicolas Sarkozy, cet homme supposément de « droite dure », est déjà en gestation. Ce rêve pourrait être notre cauchemar. Nous le constatons depuis plusieurs dizaines d’années : toutes les utopies européennes finissent mal car elles sont déconnectées des réalités historiques.
C’est pour cette raison que j’ai déposé une proposition de résolution demandant la suppression de ce règlement qui nous coûte cher et n’aura aucun effet positif notable ; dans le silence et l’indifférence générale. En tant que députée française au Parlement européen, je me bats d’abord pour l’avenir des miens avant de songer à refaire le monde.
Mme Dominique Bilde
Député Français au Parlement Européen

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