vendredi 25 novembre 2016

Bâtiment : halte à l’enfumage de la « droite » !

On sait bien que les promesses n’engagent que ceux qui y croient… À chaque élection présidentielle, la « droite » rivalise de propositions « novatrices » pour relancer le bâtiment. François Fillon a donné ses solutions en la matière, oubliant malheureusement l’essentiel. Comment redonner vie à ce secteur crucial, véritable baromètre d’une économie dynamique ?

Depuis plus de dix ans, date du passage en force du traité de Lisbonne par Nicolas Sarkozy et ses sbires, qui ont contourné le vote populaire par un tour de passe-passe dont ils ont le secret, le bâtiment, gros employeur de main-d’œuvre, subit une double peine qui l’empêche de rebondir.

D’abord, la libre concurrence entre les pays membres de l’Union européenne. Les marchés publics français sont saturés par les entreprises venues de pays européens dans lesquels le coût de la main-d’œuvre est bien moins élevé qu’en France (Portugal, Espagne, Italie). Les entreprises françaises qui veulent embaucher des ouvriers français sont donc tout à fait défavorisées.

Ensuite , le prix des matériaux. Plus aucun industriel ne fait fabriquer ses produits en France. En outre, les industriels sont en mesure de dicter leurs conditions aux entrepreneurs du bâtiment.

Elles sont, chaque année, plus dures. En conséquence, les professionnels du secteur se voient dans l’obligation de faire des offres de prix à des marges indues qui ne leur permettent pas de survivre dans un contexte de crise généralisée fait pour durer…

Si les responsables politiques ne reprennent pas la main en luttant farouchement contre la concurrence intra-européenne déloyale et débridée, le réseau de TPE et PME du bâtiment français finira par sombrer et, avec lui, des centaines de milliers d’emplois. Seules les entreprises qui n’embaucheront plus d’ouvriers français pourront s’en sortir. Les entreprises françaises doivent-elles aller chercher des bras à Varsovie, Lisbonne ou Séville pour réaliser des bénéfices ?

Dans le programme de François Fillon, futur adversaire de Marine Le Pen aux élections présidentielles, nulle trace d’une quelconque volonté de réduire ces distorsions fortement préjudiciables à notre économie. Si nous ne nous décidons pas à regagner notre souveraineté nationale et à protéger l’économie productive, la croissance ne repartira jamais.

Il est temps de revenir à un modèle qui soit centré sur l’industrie et la construction. Bref, une économie durable dans le temps, une économie du bâti au propre comme au figuré. En tant qu’ancienne chef d’entreprise et épouse de chef d’entreprise, j’ai l’expérience du terrain. Monsieur Fillon n’a jamais connu le monde du travail. Saurait-il rédiger une fiche de paye ? Il y a des mois où les petits patrons ne se versent plus de salaire pour que leurs employés soient encore rémunérés. C’est cela, la réalité de la France d’en bas, loin des manoirs de la Sarthe…

Mme Dominique Bilde
Député Français au Parlement Européen

Lien : http://www.bvoltaire.fr/dominique-bilde/batiment-halte-a-lenfumage-de-la-droite,295437

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