vendredi 25 novembre 2016

Quand la région Grand Est encourage les travailleurs français à s’expatrier…


Soutenu financièrement par la région Grand Est et la Commission européenne, le CRD EURES Frontaliers Lorraine s’est donné pour mission d’informer les salariés, les demandeurs d’emploi et les entreprises sur les législations et les conditions de vie en Allemagne, en Belgique et au Luxembourg (ce que nos élites eurobéates appellent la « Grande Région »).
Incapable de stimuler notre économie de manière à ce que les Français n’aient pas besoin de s’expatrier chez nos voisins pour trouver du travail, notre classe politique semble donc décidée à encourager l’émigration des forces vives de la nation. Dans le même temps, des centaines de milliers d’immigrés extra-européens pénètrent chaque année sur notre sol, légalement ou illégalement, le plus souvent pour profiter des généreuses aides sociales que leur versera aveuglément Dame République. Une perversion inouïe financée par les contribuables, vaches à lait d’un système en bout de course.
Les travailleurs transfrontaliers ne sont pas à blâmer. Au contraire, ils ont raison de partir chercher du travail là où il en reste encore et là où il est toujours correctement rémunéré. En Grand Est, 160.000 personnes passent quotidiennement la frontière pour se rendre au travail, soit 44 % des travailleurs transfrontaliers hexagonaux.Une majorité d’entre eux travaillent au Luxembourg et en Allemagne, la Belgique étant moins attractive.
Pourtant, la vie des travailleurs transfrontaliers, si elle n’est pas dépourvue d’avantages, notamment financiers, n’est pas toujours de tout repos. Il faut parfois plusieurs heures dans les bouchons, ou à attendre des trains qui n’arrivent jamais, pour aller de Thionville à Luxembourg… Ces difficultés de circulation éreintent des travailleurs français qui préféreraient très certainement trouver un emploi correct en France…
Le problème des travailleurs transfrontaliers est à distinguer de celui posé par les travailleurs émigrés, mais les causes sont souvent les mêmes. Songez que deux millions de Français vivent et travaillent à l’étranger, parmi lesquels des scientifiques, des commerciaux mais aussi des travailleurs des métiers de bouche. Selon une étude de la Fondation pour l’innovation politique, 40 % des meilleurs chercheurs français en économie vivraient actuellement outre-Atlantique.
La France n’est plus en capacité de retenir ses jeunes diplômés, lesquels sont souvent tentés par une aventure hors des frontières nationales, seule solution qui puisse leur permettre de trouver enfin un emploi à la hauteur de leurs qualifications et une rémunération dont ils pourraient à peine rêver ici… Je ne crois donc pas que le rôle de la région Grand Est soit d’encourager le travail transfrontalier et, pire, l’émigration. Tout au contraire, nos élus régionaux doivent trouver des réponses d’avenir pour retenir les jeunes Français. Quelques pistes existent : arrêter d’étouffer d’impôts les entrepreneurs et les salariés, relancer la confiance, réindustrialiser la région et, bien sûr, arrêter l’immigration massive.
Dominique Bilde
Député Français au Parlement Européen
Conseillère Régionale
Lien : http://www.bvoltaire.fr/dominique-bilde/quand-la-region-grand-est-encourage-les-travailleurs-francais-a-sexpatrier,295289

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