lundi 23 janvier 2017

Apprentissage : cinq ans d’échec !

En campagne, le candidat François Hollande expliquait vouloir atteindre le chiffre de 500.000 apprentis dans les CFA à la fin de son quinquennat. Il avait aussi fait de l’alternance l’une de ses priorités. Résultat ? Un échec sur toute la ligne. En 2011, la France comptait 436.334 apprentis. En 2015, ils étaient 405.200. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les objectifs n’ont pas été atteints. Si l’on constate un très léger rebond en 2016, les 500.000 apprentis annoncés n’arriveront pas avant l’année 2020, pour les prédictions les plus optimistes.

Face au drame national du chômage en général, et de celui des accédants au marché du travail en particulier, les vertus de l’apprentissage, pour l’insertion des jeunes dans le monde du travail, ne font absolument aucun doute. Malheureusement, l’exécutif socialiste n’a pris que des mesurettes et des réformettes. Pourtant, l’effort financier engagé par l’État a été très important. Lors de la période comprise entre l’année 2004 et l’année 2010, l’effort national en faveur de l’apprentissage a augmenté de 56 %. Dans le même temps, le nombre d’apprentis n’augmentait que de 16 %.
Le rendement de la dépense supplémentaire a donc été très faible, ce qui amène logiquement à douter de l’efficacité globale du système, que n’a jamais remis en cause l’actuel gouvernement… Songez qu’un apprenti coûtait 18.700 euros par mois en 2012 contre 14.200 euros en 2004. Un phénomène qui ne se dément pas.

L’apprentissage est confronté à trois problématiques majeures. D’abord, si les Français déclarent plébisciter le développement de l’apprentissage, il est encore trop souvent considéré par les jeunes, et leurs familles, comme une « voie de garage ». Souffrant d’un déficit d’image, l’apprentissage, voie d’excellence, est pourtant perçu comme un échec. Autre difficulté, les apprentis ne trouvent pas toujours un emploi stable au terme de leur cycle. En 2014, le taux d’emploi des jeunes ayant suivi des études du niveau du CAP à celui du BTS, et sortant d’apprentissage, n’atteint plus que 62 %, contre 69 % en 2012. En outre, les emplois stables chez les anciens apprentis ont diminué. Seuls 55 % d’entre eux étaient en CDI sept mois après la fin de leur contrat d’apprentissage.
Enfin, les chefs d’entreprise sont parfois rétifs au système, freinés par la complexité du financement et des démarches administratives. Au total, 28,1 % des contrats d’apprentissage sont rompus par les employeurs ou par les apprentis. Dans 80 % des cas, la rupture du contrat entraîne un arrêt complet de l’apprentissage. Pis : ce sont les métiers les plus faiblement qualifiés qui connaissent les taux de rupture les plus élevés (48,9 % dans l’hôtellerie et la restauration)…
Chef d’entreprise, je crois que l’apprentissage peut être mieux pensé par les pouvoirs publics. Que faut-il faire ?
– instaurer la préférence nationale et refuser les mesures prévues par Erasmus+ dans le cadre de l’apprentissage ;
– évaluer les besoins des entreprises pour que les apprentis puissent vraiment trouver des débouchés ;
– créer un service public de la formation tout au long de l’existence ;
– élever le niveau de qualification des bacheliers professionnels ;
– instituer et généraliser les grandes écoles des métiers qui ennobliront la voie professionnelle, préalable nécessaire à l’amélioration de son image auprès des élèves et de leurs parents

Dominique Bilde
Député Français au Parlement Européen

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