mardi 3 janvier 2017

Baisse du chômage ou enfumage gouvernemental à l’approche des présidentielles ?

Si l’on en croit les communicants de l’Elysée, le chômage serait en baisse. Des chiffres à relativiser comme souvent avec les socialistes, prompts à se glorifier d’exploits minuscules ou mensongers. L’économiste Marc Touati estime que la baisse actuelle, sur laquelle nous reviendrons en détail, reste largement liée au plan de formation de 500.000 chômeurs lancé par François Hollande. À l’issue de leur formation, ces gens pourraient grossir à nouveau les rangs de Pôle Emploi… Ce plan a été prolongé de 6 mois par le nouveau premier ministre, Bernard Cazeneuve, alors qu’il était initialement prévu qu’il s’arrête au 31 décembre 2016. Un proche de la ministre du Travail déclarait anonymement au Parisien, dans un sursaut de lucidité : « On ne nie pas qu'il y ait un enjeu électoral. »

Le gouvernement semble ne s’intéresser qu’aux demandeurs d’emploi en catégorie A. Selon la définition donnée par Pôle emploi, la catégorie A comprend les « demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi ». Les autres catégories de demandeurs d’emplois sont moins commentées mais le mériteraient pourtant. La catégorie B concerne les « demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte » (c’est-à-dire de 78 heures ou moins au cours du mois), et la catégorie C concerne les « demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue » (c’est-à-dire de plus de 78 heures au cours du mois). Les deux autres catégories, D et E, concernent des demandeurs d’emploi qui ne sont pas tenus de faire des actes positifs, soit en raison de maladies ou de formations, soit parce qu’ils bénéficient d’un contrat aidé.

Comme nous l’avons expliqué plus haut, la très légère baisse du nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A est due à l’explosion du nombre de chômeurs en formation, regroupés dans la catégorie D. Le gouvernement a créé une baisse artificielle du chômage en dépensant des milliards d’euros d’argent public, dans des initiatives court-termistes qui ne créent pas des emplois durables en CDI. En août 2016, le Canard Enchaîné révélait que Pôle Emploi était « de moins en moins regardant sur l’utilité et la qualité des formations dispensées » en raison d’« un quota de placements en stage à atteindre ». Dans la catégorie D sont compris les gens en « contrat de sécurisation professionnelle ». Qui sont-ils ? Des personnes licenciées économiques qui se sont vues offrir une formation obligatoire par leur ancien employeur…

Précisons d’ailleurs que le nombre total de personnes inscrites à Pôle Emploi a augmenté de 0,3 % en novembre. À rebours du reste de l’Union, la France ne cesse de dégringoler dans les classements relatifs au nombre de chômeurs. Ce quinquennat, comme le précédent, a été la période historique consacrant la plus forte hausse du chômage : plus de 600.000 demandeurs d’emploi en catégorie A depuis 2012, plus d’un million toutes catégories confondues… La flambée des inscrits en catégorie C et D, peu commentée, montre que notre société ne cesse de se précariser.

En tentant de faire croire aux Français, juste avant la campagne électorale, à une diminution du nombre de demandeurs d’emploi qui signifierait que la politique menée est la bonne, le gouvernement fait preuve d’une certaine malhonnêteté. Avec une monnaie unique trop chère et inadaptée à nos besoins, une fiscalité excessive sur les TPE et PME et des contraintes légales à l’embauche, la crise ne sera pas résorbée. Conséquemment, toute relance macroéconomique ne sera qu’hypothétique, faisant du chômage de masse une donnée persistante dans les années à venir.

Mme Dominique Bilde
Député Français au Parlement Européen


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