samedi 28 janvier 2017

Pour la Commission européenne, la culture, c’est comme la confiture.... !


Sous pression du Parlement européen, la Commission européenne a gracieusement accepté de faire de 2018 l’année européenne du patrimoine culturel. Actuellement négociée en trilogue, cette année est présentée par la Commission et le Commissaire à l’éducation, Tibor Navracsics en ces termes lyriques : « à l'heure où des chefs-d'œuvre culturels mondiaux sont en péril ou sont détruits délibérément dans les zones de conflit, [...] le patrimoine culturel mérite d'avoir son année européenne, en 2018. [...] Ce sera l'occasion de sensibiliser les citoyens à l'importance socioéconomique du patrimoine culturel et de promouvoir l'excellence européenne dans ce domaine»[1]. Des paroles, des paroles, des paroles.

Pas de budget définitif pour le moment mais le Parlement européen demande à ce que cet évènement ne soit pas financé à moins de 15 millions d’euros. À quoi servira cet argent ? À la reconstruction des biens culturels détruits, comme en Italie où plus de 200 édifices ont été affectés par les tremblements de terre d’août 2016, a demandé à la Commission une députée italienne ? Et bien non, a répondu la Commission, cette année européenne du patrimoine culturel servira essentiellement « à des actions de communication » (voir la question et la réponse de la Commission ici).

Pendant ce temps, le Parlement, seule institution européenne directement élue par les citoyens, se bat pour avoir le droit d’assister, en tant qu’observateur, aux réunions de travail qui vont décider de ces fameuses actions de communications. Dormez sur vos deux oreilles, braves gens, la Commission utilise votre argent à bon escient pour communiquer sur sa communication. Une des plus coûteuses opérations marketing de l’histoire pour sauver le « soldat Union européenne ».

Dominique Bilde

Député Français au Parlement Européen

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire