mardi 28 mars 2017

Tribune : Qu’Allah bénisse la Lorraine ?

Lundi 20 mars, Abd al Malik était présent dans l’hémicycle du conseil régional du Grand Est pour rencontrer des lycéens et des apprentis. À l’invitation de la région, le rappeur était invité pour échanger avec les jeunes à propos de son film intitulé Qu’Allah bénisse la France. Il s’est aussi rendu au lycée de La Malgrange à Nancy ; puis à Reims, au cinéma Opéra. Qu’Allah bénisse la France raconte le parcours de Régis, un « enfant d’immigrés, noir, surdoué, élevé par sa mère catholique avec ses deux frères, dans un quartier HLM de Strasbourg » qui sort de la délinquance grâce à sa conversion à l’islam.

L’étude de l’œuvre est proposée aux lycéens de notre région via le dispositif « Lycéens et apprentis au cinéma », dont la création, remontant à l’année 1998, avait pour objectif d’« amener les élèves à développer leur regard critique face à l’image et acquérir une culture cinématographique ». Sélectionné par le conseil régional parmi trois longs-métrages, le film avait été soutenu financièrement par la région Alsace et la Communauté urbaine de Strasbourg… Il semble donc logique, à première vue, qu’il fasse l’objet de projections spéciales à destination des lycéens du Grand Est.
Je crois légitime, en ma qualité de conseillère régionale du Grand Est, de m’interroger sur la pertinence du choix de ce film. Oh, j’entends d’ici les bonnes âmes s’écrier et me rappeler, avec force, le caractère prétendument humaniste du sujet de Qu’Allah bénisse la France.
Je me vois donc contrainte de leur signifier que le message du film, dans la période que nous connaissons, n’est pas celui qui devrait être délivré à nos jeunes. En effet, si Régis se convertit à une version mystique de l’islam – en l’occurrence le soufisme -, il participe néanmoins d’un phénomène de masse qui concerne le plus souvent des âmes perdues qui choisissent des visions plus radicales de cette religion…

De nombreux Français convertis se sont battus aux côtés des monstres de l’État islamique en Syrie. En présentant ce film aux lycéens, l’exécutif régional prend le risque de semer la confusion dans des esprits peu formés, parfois fragiles. Car, au fond, Qu’Allah bénisse la France est avant tout un panégyrique de l’islam. D’ailleurs, notons que le personnage principal avait adopté un mode de vie de voyou quand il observait encore la religion catholique…
Propagande « vivrensembliste » irénique, l’œuvre d’Abd al Malik n’a pas à être une source d’enseignement. En outre, on peut aussi estimer que son étude, par des lycéens des écoles publiques et privées sous contrat, contrevient au principe de laïcité, son message étant, par certains aspects, prosélyte. Dernier point : que n’aurait-on pas dit si les jeunes du Grand Est avait dû étudier un film traitant de la conversion rédemptrice d’un musulman à l’un des cultes du christianisme ? Je suis absolument certaine qu’il y aurait eu, non pas une tribune, mais des dizaines d’articles offusqués des professionnels de la bien-pensance !

Dominique Bilde
Député Français au Parlement Européen

Lien : http://www.bvoltaire.fr/quallah-benisse-lorraine/

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