vendredi 8 juin 2018

Huile de palme : quand Nicolas Hulot spolie les agriculteurs français !

Le « make the planet great again » n’aura décidément pas fait long feu ! Le mercredi 16 mai, Nicolas Hulot donnait son feu vert à la production de biocarburants à base d’huile de palme et d’huiles usagées par Total sur son site de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône.

Au total, c’est au moins 300 000 tonnes d’huile de palme qui pourraient être importées d’Indonésie et de Malaisie -deux États à l’origine de plus de 80 % de la production mondiale- soit une augmentation de 36 %. Un revirement à cent quatre-vingts degrés, qui inflige un démenti cinglant aux engagements pris par le Ministre de la Transition écologique et solidaire dans son « Plan climat», publié en juillet 2017.

Il bafoue, au reste, jusqu’au Parlement européen qui avait décidé en janvier 2017 de bannir définitivement ces importations, responsables de la perte de 270 000 hectares de forêt par an en moyenne au sein des principaux pays exportateurs de 2000 à 2011 et source de tant d’abus des droits humains et sociaux, maintes fois dénoncés par l’Organisation internationale du travail.  Une décision qui, fait rare de la part de l’Union européenne, abondait aussi bien dans le sens de la protection de l’environnement que de celle de nos intérêts nationaux français.

Dans la principale région productrice, six millions d’hectares ont ainsi été anéantis entre 2011 et 2013 sur l’autel de l’or rouge, dont la production mondiale a presque doublé en dix ans. Aux émissions de gaz à effets de serre, auxquelles la déforestation contribue pour 10 %, s’ajoute la menace pesant sur la biodiversité. Ainsi, les images déchirantes de ce singe errant affamé dans les décombres d’une forêt ou de cette femelle et de son petit sauvés in extremis des flammes par des bénévoles, publiées par l’Association internationale pour le sauvetage des animaux en 2015 et 2016, sont autant de témoignages poignants du sort tragique des quelque 60 000 orangs-outans, vraisemblablement voués à l’extinction.

En France, ce sont les producteurs d’oléagineux, déjà balayés par le dumping des bioéthanols argentins, qui seront sacrifiés au profit d’une huile importée, de 20 à 25 % moins chère que l’huile de colza pour l’utilisation dans la production de biocarburants. En 2010, environ 70 000 exploitations dépendaient directement de cette culture, dans laquelle la France pointe au premier rang européen. 8 % proviennent de ma région natale de Lorraine, où la décision de l’ancien animateur d’Ushuaia a d’autant plus fait l’effet d’une douche froide que des centaines d’emplois sont concernés dans le Grand Est. De fait, l’usine de Saipol dans l’Aube tourne au ralenti depuis juin, avec à terme le devenir d’environ 600 salariés sur la sellette. 

En janvier 2017, je m’étais, ainsi que l’ensemble de la délégation du Front National, associée à l’élimination des importations d’huile de palme votée par le Parlement européen. Alors que l’épée de Damoclès des traités de libre-échange plane toujours au-dessus de nos producteurs céréaliers et d’oléo-protéagineux, ce reniement de Nicolas Hulot est un véritable camouflet pour l’ensemble de la filière, au-delà du scandale environnemental, social et éthique. Mais, à l’évidence, le devenir de nos producteurs pèse peu face aux pressions diverses d’intérêts privés et à l’unique boussole du profit immédiat.
Dominique Bilde

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