jeudi 21 décembre 2017

En Meuse comme ailleurs, nos villages se meurent

C’est désormais acté : le Conseil départemental de la Meuse a décidé la fermeture de trois collèges. À Montiers-sur-Saulx, Varennes-en-Argonne et Dun-sur-Meuse, les établissements n’accueilleront pas d’élèves à la rentrée 2018.
Si l’on regarde les chiffres, c’est implacable : cela ne concerne que 300 élèves. Quant aux bâtiments ils sont dans un triste état. Le site de Varennes est même constitué de bâtiments préfabriqués. Quant aux trois collèges de Bar le Duc dont les effectifs sont en chute libre, ils ont seulement le droit à du sursis.

Où est le problème ? Cela semble relever du bon sens que de regrouper les élèves afin qu’ils disposent d’un meilleur encadrement, d’un meilleur environnement et que cela coûte moins cher au département. Oui mais voilà, derrière les chiffres, il y a la réalité humaine. Un collège qui ferme, c’est un peu moins de vie dans le cœur d’un village, des trajets plus longs pour certaines familles, un arrêt qu’on ne fait plus chez le commerçant voisin de l’établissement, un professeur qui déménage, voire une famille entière.

Parce que ce phénomène ne doit pas être pris isolément. Dans ces mêmes villages les petits commerces meurent, le marché n’a plus lieu depuis longtemps, les agriculteurs déconseillent à leurs enfants de prendre leur suite, le médecin parti à la retraite n’a pas été remplacé, la poste ferme parfois et la gare la plus proche est de moins en moins desservie. Bref, comme le dirent les villageois qui ont manifesté : « c’est la mort de la ruralité ». La fermeture de ces trois collèges n’en ait qu’un signe supplémentaire.

Qui est responsable ? On parle d’exode rural, cela existe. Montiers-sur-Saulx a ainsi vu passer sa population passer de 1400 habitants dans les années 1860 à 450 au début des années 2000. Mais depuis la population est stable, comme elle stable à Varennes-en-Argonne depuis les années 1930.

En réalité, la population souhaite généralement rester, certains même aimeraient s’y installer. Mais quand il n’y a plus de services de proximité, qu’il faut faire des kilomètres pour le moindre besoin, alors ce n’est tout bonnement plus vivable.

Les pouvoirs publics sont coupables. Le « plan numérique éducatif en collèges » décidé par le Conseil départemental est-il réellement une priorité ? Une imprimante 3D en cours de technologie est-elle vraiment nécessaire ? Pendant ce temps, les métropoles saturées dépensent des milliards pour lutter contre les conséquences de la surpopulation. « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ».

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