jeudi 14 décembre 2017

UE : l’obsession de la mobilité


Communiqué de Dominique Bilde


On connaissait déjà l’obsession de Bruxelles pour la mobilité, prétendant que la meilleure solution au chômage serait de rendre les travailleurs mobiles afin qu’ils se déplacent en fonction du marché de l’emploi. Tout doit y concourir. Erasmus+ doit ainsi apprendre à tout Européen à vivre à l’autre bout de l’Europe. Europass doit faciliter la recherche d’un travail au-delà des frontières nationales à l’aide d’un CV à la forme identique pour tous. Bref, l’idée est de faire de nous tous des travailleurs détachés.

Cette mobilité n’est pas au service des travailleurs mais au service des entreprises. Elle ne concerne d’ailleurs pas seulement ceux qui recherchent du travail mais aussi ceux qui sont en poste. Un exemple : l’UE envisage de contraindre tous ses fonctionnaires interprètes basés à Strasbourg d’accepter une mutation à Bruxelles. Peu importe qu’eux et leurs familles y soient installés depuis de nombreuses années, ils paieront le prix d’une mauvaise gestion conduisant le Parlement à siéger à la fois à Strasbourg et Bruxelles. Si l’on ne parle plus de liberté de circulation comme autrefois, mais de « mobilité », c’est tout simplement parce que celle-ci n’est plus choisie mais imposée.

Le dogme est tellement puissant que la « mobilité » devient aussi obligatoire sur le plan professionnel. Le Secrétariat général entend par exemple rendre obligatoire à partir de janvier le changement de poste aux agents permanents des institutions de l’UE en charge de la gestion interne, communément appelés Assistants (AST), lorsqu’ils sont au même poste depuis au moins 7 ans. Peu importe que vous soyez satisfait de votre poste ou que l’on soit content de votre travail, il faut bouger.


A l’heure où l’idéologie du bougisme est remise en cause, l’UE nous ferait-elle une crise de spasmophilie ?

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