jeudi 11 janvier 2018

Ascométal en redressement judicaire : un autre exemple de la désindustrialisation française

La sidérurgie lorraine est une filière menacée. Dernier exemple en date : Ascométal, placée en redressement judiciaire depuis le 22 novembre dernier.  Avant de rentrer dans le vif du sujet, il convient de regarder dans le rétroviseur. En 2014, Ascométal était reprise par Frank Supplisson, suite à une décision du tribunal de commerce de Nanterre. Ce fleuron de l’industrie française avait donc déjà été placé en redressement judiciaire. Attendu comme le messie, Frank Supplisson bénéficiait alors d’articles de presse élogieux, notamment dans Les Echos qui rapportaient le parcours de cet ancien directeur de cabinet d’Eric Besson (au ministère de l’immigration puis à Bercy), en des termes qui ne faisaient pas mystère d’une certaine connivence. Ses proches confiaient au quotidien d’information économique que l’homme était un « bulldozer », un homme d’affaires « pugnace », « féroce », « ultra-perfectionniste ». « dur » ou encore « ambitieux ».


Las, le bulldozer s’est changé en mini-pelle. Et pourtant, tout avait bien commencé pour Frank Supplisson qui, par son entregent et ses relations, avait su obtenir une aide de l’Etat d’un montant total de 35 millions d’euros, dont 3 millions d’euros de la région Lorraine en échange du transfert du siège d’Asco Industries de Paris à Hagondage t ! À peine un peu plus de trois ans plus tard, Ascométal était de nouveau placée en redressement judiciaire ! Un cauchemar pour les 1415 salariés du groupe, parmi lesquels 580 Lorrains répartis à Hagondage et à Custines. Quel avenir pour Ascométal ? Trois candidats se sont proposés pour reprendre le groupe : les espagnols de Sidenor, les suisses Schmolz-et-Bickenbach et l’anglo-indien Liberty-Steel. À tous, l’Etat proposera d’importantes subventions, faute de quoi les repreneurs renonceraient. Un comble ! Pas une seule offre française ! Les restructurations entraineront évidemment des pertes d’emplois. Que faire pour maintenir les emplois et conserver ce secteur stratégique ? Aussi simple à comprendre que difficile à mettre en œuvre par des politiciens qui manquent de courage : instaurer un minimum de barrières, un minimum de protectionnisme et sortir de la spirale de l’immédiateté. C’est ce que font toutes les grandes puissances mondiales, des Etats-Unis à la Chine, en passant aujourd’hui pour la Grande-Bretagne. Qu’attendons-nous pour nous protéger comme eux le font déjà ?

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