jeudi 19 avril 2018

Révolution 3D : pour une renaissance industrielle française

Des lampes aux montures de lunettes en passant par des technologies de pointe, l’impression 3D s’est imposée comme l’innovation en passe de conquérir l’ensemble du marché manufacturier.

En témoignent la multiplicité des secteurs d’application de ces imprimantes du futur, capables de sculpter des objets à partir de matières plastiques ou métalliques, ainsi que la complexité et les dimensions toujours plus imposantes de ses créations visionnaires. En témoignent également tant de vies bouleversées, comme celle de la petite Américaine Mia Gonzalez, sauvée in extremis d’une malformation cardiaque sévère grâce à la modélisation 3D de son cœur, à même de guider avec une précision inédite la main du chirurgien chargé de l’opérer.

Autant de succès spectaculaires qui attestent des ressources inépuisables de cette industrie d’avenir qui, selon l’étude réalisée en 2017 par le cabinet américain A.T. Kearney, devrait voir sa valeur de marché mondiale tripler, pour atteindre 26 milliards de dollars en 2021. À la fin de la décennie, 42 % de la production dans des secteurs aussi divers que l’automobile, la santé ou l’aéronautique serait ainsi concernée par cette technologie révolutionnaire, avec à la clef près de 5 millions d’emplois qualifiés pour les États-Unis et, espérons-le, un nombre comparable en Europe.

Car en industrialisant la production d’une multitude de marchandises à des coûts toujours plus négligeables, l’impression 3D représente surtout la promesse d’une relocalisation massive d’emplois perdus ces dernières décennies au profit de pays à bas salaires.
Le message a d’ailleurs été parfaitement reçu par certains établissements d’enseignement, des écoles d’ingénieur à l’apprentissage, qui ont vu fleurir ces dernières années les formations spécialisées, à l’instar de la grande école Arts et Métiers ParisTech, dont le campus de Lille dispense depuis 2014 un cursus destiné aux salariés et chefs d’entreprise.
Reste que la France a encore du pain sur la planche pour tirer le meilleur parti du potentiel de croissance considérable du secteur. Selon le Comité économique et social européen en 2014, elle ne comptait en effet que 3,38 % des imprimantes 3D installées dans le monde, contre 4,41 % pour le Royaume-Uni et 9,44 % pour l’Allemagne – soit une modeste septième place mondiale.


Ainsi, comme ma visite de ce jour dans la plus grande imprimerie 3D d’Europe a achevé de m’en convaincre, le risque est réel pour la France de rester à la traîne de la course à l’innovation mondiale. Pourtant, à l’heure où la désindustrialisation s’accélère, charriant dans son sillage son lot de destins brisés, il est de notre devoir de traduire enfin en actes pour des millions de Français les promesses de la révolution technologique et des emplois de demain.

Dominique Bilde

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